Sono Motors promettait une voiture électrique solaire abordable. Le projet a capoté, mais vous pouvez désormais repartir avec un morceau d’histoire.
La startup allemande Sono Motors pensait pouvoir révolutionner le marché avec une voiture électrique recouverte de panneaux solaires. Trop beau pour être vrai ? Certainement, car les investisseurs (même institutionnels) n’ont pas donné suffisamment d’argent alors que l’entreprise tentait de faire homologuer son véhicule pour lancer la production.
Sur le papier, le projet de Sono Motors cochait toutes les cases pour répondre à un besoin des clients. D’ailleurs, ils ont été nombreux à participer à différentes campagnes de financement participatif pour aider Sono Motors. Ils seront peut-être intéressés par l’idée d’enchérir sur des pièces du stock ou même sur l’un des prototypes de la Sion. La vente est en cours sur le site autrichien aurena.at et se terminera d’ici au 8 septembre 2025.
Retour sur l’histoire de la Sion de Sono Motors
L’histoire de Sono Motors est celle d’un rêve européen initié en 2016, celui de démocratiser la mobilité propre grâce à une voiture solaire accessible : la Sion. Porté par une avalanche de promesses et une campagne marketing séduisante, le projet s’est attiré la confiance de milliers de particuliers et d’investisseurs, avec un tarif alléchant affiché sous la barre des 25 000 €. C’était la promesse d’une petite révolution dans un marché automobile trop lent à bouger sur la voiture électrique abordable, et encore plus abordable si on peut la recharger gratuitement grâce au soleil.

La réalité technique n’était cependant pas à la hauteur de cette ambition : exploiter « le soleil pour rouler » relève bien plus du prolongateur d’autonomie que de l’alternative complète. Selon la météo, le pays ou l’usage, l’apport des panneaux restait limité, et l’engouement s’est construit sur des attentes parfois irréalistes. Ce n’est d’ailleurs pas le seul projet du genre à avoir capoté : Lightyear a également été un échec.
Pourtant, les chiffres forcent le respect : 44 000 personnes intéressées, dont 21 000 ont versé un acompte dans l’espoir de rouler en Sion un jour. Mais faute de financement massif, rien n’a pu sauver cette promesse. Le projet a monopolisé 90 % des ressources de l’entreprise sans jamais atteindre la production de série. Les dernières campagnes (#SaveSion) n’ont pas permis de franchir le cap décisif, et même un apport de 100 millions d’euros n’aurait été qu’un sursis tant les coûts industriels étaient sous-évalués.
L’aventure s’achève brutalement en février 2023, Sono Motors abandonnant le programme Sion pour se recentrer sur les applications solaires pour flottes et véhicules tiers. En parallèle, 300 salariés sont remerciés, et les clients doivent alors se consoler avec un plan de remboursement échelonné sur deux ans… s’ils finissent par récupérer leur mise. Ce qui, à ce jour, ne s’est finalement pas produit.
Liquidation du stock de pièces du projet
Comme souvent après un échec, tout ce qui peut servir à rembourser des créances est revendu à des professionnels ou à des particuliers via des enchères. C’est justement le cas de 267 lots sur lesquels vous pouvez enchérir :
- Des moteurs électriques à partir de 50 € ;
- Des panneaux de carrosserie à partir de 10 € ;
- Un lot de pare-brise à partir de 20 € ;
- Des sièges conducteurs et passager à partir de 30 € et autant pour la banquette arrière ;
- Des panneaux solaires à partir de 25 € ;
- Une palette de feux arrière à partir de 30 € ;
- Des lots de pare-chocs arrière ou avant à partir de 12 €.


Pour ceux qui ont un peu plus d’espace ou des idées de décorations un peu originales, vous pouvez également tenter d’acquérir :
- Un châssis de Sion à partir de 100 € ;
- Un exemplaire de Sion qui a servi à un crash-test à 600 € ;
- Des prototypes complets à partir de 600 €.
Rappelons quand même que, même si le véhicule est complet et en état de rouler, il n’a jamais été homologué et ne dispose pas de papier. Il est donc impossible de rouler sur route ouverte avec ce véhicule.


Il ne faut pas oublier non plus qu’il faudra ajouter 18 % de frais d’enchères et qu’il faudra se déplacer dans le sud de l’Allemagne, à Renquishausen, pour récupérer les lots.
Cet échec de la « voiture solaire » rappelle à quel point le rêve d’une mobilité durable se heurte encore à la réalité économique et technique. Derrière le grand récit d’une révolution verte, Sono Motors laisse l’image d’une idée audacieuse, portée par une équipe très jeune, ce qui a certainement mené à un business plan trop ambitieux. Il était quand même intéressant d’observer qu’ils avaient réussi à séduire une communauté de passionnés, prêts à croire en d’autres options que la voiture électrique traditionnelle, au risque d’y laisser quelques plumes. Si certains veulent garder une relique de cette histoire, c’est à eux de jouer.
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