En plus de rencontrer des problèmes de moteur PureTech et d’airbags Takata, le groupe Stellantis continue de décevoir certains acheteurs, y compris de voitures électriques récentes. Une pétition a été déposée sur le site de l’Assemblée nationale pour demander une commission d’enquête sur les pratiques du groupe.
À l’inverse du texte s’opposant à la loi Duplomb, cette pétition visant Stellantis n’a probablement aucune chance d’aboutir. Pour être prise en considération par une commission de l’Assemblée nationale, il faudrait que la pétition, déposée le 10 juin 2025 sur le site de l’institution, récupère au moins 100 000 soutiens. On est très loin du compte. Pourtant, le sujet de fond concerne de nombreux automobilistes français.
Nous avons repéré ce lien vers la pétition à plusieurs reprises sur des groupes Facebook privés, dédiés à des modèles électriques du groupe Stellantis. Le lien était souvent publié à la suite d’une publication signalant une panne. Il faut dire que ces groupes de discussions sont un terreau fertile pour encourager une telle démarche.
Quel est l’objectif de la pétition ?
Pour l’initiateur de cette pétition, l’objectif premier est d’ouvrir une enquête publique sur les pratiques du groupe composé de 14 marques. Selon l’auteur : « Depuis plusieurs années, des milliers de Français rencontrent des difficultés majeures avec des véhicules issus du groupe Stellantis (Peugeot, Citroën, Fiat, Opel, DS, Jeep…). Ces problèmes ne concernent pas uniquement des incidents isolés, mais révèlent des défaillances systémiques dans la conception, la production, la commercialisation et le suivi après-vente des véhicules, en particulier électriques. »

Le texte énumère les principaux manquements de l’entreprise. Cela couvre aussi bien les véhicules thermiques, avec les affaires très médiatisées des moteurs PureTech 1.2 et des airbags Takata (problèmes antérieurs à la création de Stellantis), que des sujets un peu moins connus du grand public et plus récents. Sont notamment cités les problèmes logiciels récurrents et les pannes spécifiques à certains modèles électriques lancés à la va-vite. Il est également reproché aux concessions de fuir leurs responsabilités et au groupe de ne plus être connecté à la réalité du terrain.
Malgré les arguments avancés et les partages sur les réseaux sociaux, cette pétition n’a été signée que par 213 personnes au moment de la publication de cet article, le 18 août. Cela peut être perçu comme un échec, comme bien d’autres pétitions laissées sur le site de l’Assemblée nationale. Il est ainsi peu probable que les exigences rattachées soient considérées : ouvrir une commission d’enquête sur les pratiques du groupe et du réseau, créer un fonds d’indemnisation des clients lésés, renforcer la transparence et l’information des consommateurs en cas de litige.
Les voitures électriques de Stellantis sous le feu des critiques
Si la pétition semble anecdotique, la grogne des acheteurs l’est beaucoup moins. Depuis son lancement, nous suivons les groupes liés à la Citroën ë-C3, qui fait vivre de véritables galères à une partie de ceux qui l’ont choisie dans le cadre du leasing social. De quoi, au passage, les dégoûter une fois pour toutes de la voiture électrique (et croire que cela est fait exprès, si l’on voulait forcer quelque peu le trait). Dans la pétition, le modèle est d’ailleurs pris en exemple en ces termes :
- « Présentée comme la ‘voiture électrique du peuple’.
- Multiples défauts dès la sortie : bugs électroniques, défauts de fabrication, feux qui fondent, plastiques fragiles, finitions bâclées.
- Retards de livraison, SAV dépassé, concessions muettes ou inefficaces. »
Bien sûr, comme avec tous les modèles récents, certains acheteurs sont également très satisfaits et ne rencontrent aucune panne. Les réseaux sociaux font toujours un effet loupe sur les problèmes, il faut en être conscient. Il y a quand même un nombre non négligeable de clients pour qui tout ceci s’est transformé en parcours du combattant, avec un véhicule se retrouvant plus souvent à l’atelier de la concession que chez eux.
Si les lancements chaotiques sont devenus un passage obligé pour beaucoup de constructeurs, y compris premium, Stellantis a quand même cumulé beaucoup de mécontentements. Cela commence à se ressentir sur les chiffres de ventes et la notoriété.
La pétition cite aussi la Jeep Avenger électrique, avec les griefs suivants :
- « Exemple criant d’échecs industriels :
- Défauts de traction.
- Coupures de puissance.
- Problèmes logiciels constants.
- Matériaux de qualité très inférieure à la promesse marketing. »
Nous pourrions sans mal ajouter les premiers exemplaires du Peugeot e-3008 ou la Fiat 500e dans les modèles qui donnent des suées à leurs acheteurs. Certaines de ces pannes sont assez communes à tous les modèles du groupe comme le « défaut de traction ». La partie logicielle est également le gros point noir communément critiqué, et cette partie-là touche aussi les véhicules thermiques et hybrides (avec des freinages fantômes sur les aides à la conduite).


La pétition ne mènera probablement nulle part. Cependant, il est certainement temps que Stellantis réagisse si le groupe ne veut pas voir sa notoriété durablement entachée. Le groupe doit notamment fiabiliser la partie software, sous-traitée à moindre coût à l’étranger. Et si les pannes mécaniques ou électroniques sont malgré tout incontournables sur les véhicules modernes, l’entreprise doit constituer un stock de pièces pour le service après-vente, les délais étant souvent extrêmement longs pour pouvoir faire les réparations. Même Tesla ou les constructeurs chinois, pourtant réputés lents autrefois sur les pièces détachées, font aujourd’hui mieux que Stellantis.
Le nouveau patron de Stellantis, Antonio Filosa, est en train de lancer un gros bouleversement dans la stratégie de l’entreprise. Il affiche une volonté de rupture avec l’ère Tavares. Reste à savoir si cela suffira à changer la donne.

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