La croyance selon laquelle des extraterrestres vivaient sur la Lune a perduré longtemps dans l’histoire de l’humanité. Pourtant, malgré les progrès de la science et des connaissances, elle n’a pas complètement disparu.
« C’est avec une avance de quelques heures sur le programme initial que les astronautes d’Apollo 11 sont sortis de quarantaine, lundi à 3 heures du matin. Tous les examens ont, en effet, prouvé qu’ils n’avaient pas été contaminés par des microbes lunaires ». Cette phrase ouvre un article du Monde, paru le 12 août 1969, quelques semaines après le retour des premiers humains à s’être rendus sur la Lune.
Quelque temps plus tôt, le 24 juillet, une image avait fait le tour du monde, celle de Richard Nixon s’adressant aux trois héros, Neil Armstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins, de retour de leur périple lunaire. Les astronautes sont alors dans une capsule en acier inoxydable qui évoque une sorte de caravane spatiale : une unité d’isolement.

À la rencontre des Sélénites
Car oui, la priorité lors de la mission Apollo 11 était bel et bien de mettre ces voyageurs spatiaux en quarantaine pour se prémunir contre toute contamination extraterrestre. Y avait-il donc de sérieuses raisons de penser qu’une forme de vie puisse exister sur la Lune ? Pas réellement. La plupart des scientifiques n’y croyaient pas, pas plus que les agences spatiales. Mais, au nom du principe de précaution, il fut décidé d’imposer une quarantaine pour les astronautes des missions Apollo 11, 12 et 14.
Même si, aujourd’hui, ces doutes prêtent à sourire — la Lune étant sans conteste inhabitée et inhabitable —, ils s’inscrivent dans des siècles de croyances plus ou moins établies à propos d’une présence alien sur notre satellite.


Des millénaires, même, puisqu’au IIᵉ siècle de notre ère, Lucien de Samosate raconte déjà des voyages à la rencontre du roi de la Lune, Endymion. C’est à cette époque qu’apparaissent les Sélénites, les êtres imaginaires qui peupleraient la Lune.
Ainsi, l’humanité a longtemps vécu avec cette vision d’une Lune habitée par des voisins discrets, qui laissaient tout de même quelques marques imaginaires dans les cratères visibles depuis la Terre.
Mais si les croyances antiques sont difficiles à interpréter de notre point de vue, l’évolution de la science et des méthodes d’observation n’a pas suffi à dissiper ces croyances. L’exemple le plus parlant est sans doute celui de William Henry Pickering. Né en 1858, cet astronome américain connu pour avoir découvert Phœbé, le satellite de Saturne, a consacré une partie de sa carrière à la recherche de signes de vie sur la Lune, imaginant des jardins et des nuages en regardant les cratères et les jeux d’ombre et de lumière qu’ils offraient.
De la face cachée à la magnifique désolation
La science-fiction a aidé à maintenir tout cet imaginaire autour de la Lune. L’exemple le plus évident étant Autour de la Lune de Jules Verne, en 1969, où les voyageurs en orbite autour de notre satellite y aperçoivent une ville. En 1901, H.G. Wells écrit sur la civilisation sélénite insectoïde dans Les Premiers Hommes dans la Lune.
On pourrait croire que les connaissances croissantes sur notre satellite finiraient par faire oublier tous ces fantasmes qui paraissent bien peu vraisemblables, mais non ! La science-fiction s’est rabattue sur la partie de la Lune que l’on connaît moins : sa face cachée. Bien qu’elle ait été prise maintes fois en photo par différentes sondes, elle est invisible vue de la Terre.


Résultat : elle a pu abriter une épave de vaisseau dans Transformers 3 – La Face cachée de la Lune, en 2011. Mais aussi des clones réduits en esclavage dans Moon en 2009. Sans oublier évidemment des nazis dans Iron Sky en 2012 !
Du côté des scientifiques, il est bel et bien admis que la Lune n’a jamais accueilli la moindre trace de vie. Encore que… En 2018, une étude a estimé que les indices de présence d’eau découverts par les missions récentes laissaient ouverte la possibilité que des êtres vivants aient pu proliférer sur notre satellite.
De l’aveu même des auteurs, tout cela est à prendre avec de grandes précautions puisque la seule présence d’eau est loin d’être suffisante pour permettre l’apparition de la vie. Mais on pourra se consoler en se disant qu’au pire, la Lune reste une « magnifique désolation », comme le disait Buzz Aldrin.

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