L’IA de WhatsApp a-t-elle « accès à toutes vos discussions » ? Des messages alarmistes mélangent tout

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Depuis plusieurs semaines, de nombreux messages circulent sur des groupes WhatsApp et sont transférés dans les discussions privées des utilisateurs, propageant une rumeur infondée. Selon ceux-ci, l’IA de Meta, intégrée à la messagerie en mars 2025, pourrait accéder au contenu des discussions privées ainsi qu’à de nombreuses informations personnelles si un paramètre de confidentialité n’est pas activé. Qu’en est-il vraiment ?

Depuis juin 2025, un petit cercle bleu trône en bas à droite des fils de discussion Whatsapp. Son nom ? Meta IA, le chatbot LLM conçu par la maison-mère de Facebook, censé améliorer l’expérience des utilisateurs de WhatsApp à travers le monde.

Seulement voilà, depuis quelques semaines, ce nouvel assistant suscite l’inquiétude de certains usagers de la messagerie. Des messages alarmistes, relayés dans des groupes ou des discussions privées, affirment que l’IA aurait « accès à toutes les conversations » et qu’il serait impératif d’activer l’option « confidentialité avancée » pour s’en protéger.

Une argumentation fallacieuse  qui s’appuie sur des fonctions méconnues, mais pourtant bien réelles, de WhatsApp.

Exemple de messages circulant sur Whatsapp et transférés à la rédaction de Numerama et Frandroïd // Source : NumeramaExemple de messages circulant sur Whatsapp et transférés à la rédaction de Numerama et Frandroïd // Source : Numerama
Exemple de messages circulant sur Whatsapp, transférés à la rédaction de Numerama et Frandroïd // Source : Numerama

À quoi sert la « confidentialité avancée » ? Mais aussi, à quoi ne sert-elle pas ?

Ce qui entretient la confusion autour de cette rumeur, c’est que la fonction « confidentialité avancée » existe réellement. Pourtant, elle n’empêche en rien Meta IA d’accéder à vos messages privés… tout simplement parce que l’IA Générative n’y a jamais accès.

Sur WhatsApp, tous les messages sont chiffrés de bout en bout avant d’arriver sur les serveurs. Meta IA n’a ni accès au contenu de vos conversations, ni à la liste de vos contacts, contrairement à ce que prétendent certains messages relayés à la rédaction de Numerama.

Vous pouvez certes faire appel à Meta IA au sein d’une discussion, mais le chatbot n’aura alors accès qu’au message dans lequel vous le sollicitez : il lui est impossible de résumer l’historique de la conversation, ou d’obtenir des informations sur votre interlocuteur.

Toutefois, la confidentialité avancée présente d’autres avantages : elle permet par exemple de bloquer complètement l’accès à Meta IA dans une discussion, si vous ne souhaitez pas l’utiliser. Surtout, elle empêche l’exportation des échanges au format .zip : impossible donc d’obtenir une version externe de la conversation hors de WhatsApp. De même, l’enregistrement automatique des médias est désactivé dès que l’option est activée.

Le spectre des nouvelles fonctionnalités

En résumé, la solution la plus simple pour ne pas transmettre d’informations à l’IA de Meta est de ne jamais l’utiliser et pour cela, il n’y a aucune manipulation particulière à effectuer.

L’option « confidentialité avancée » sert surtout à contrôler ce que d’autres utilisateurs peuvent faire du contenu échangé dans les conversations. C’est particulièrement utile dans les grands groupes, où tous les membres ne sont pas forcément connus.

Pour autant, la circulation de ces messages alarmistes témoigne bien d’une confiance qui s’effrite entre Meta et ses utilisateurs, et ce, à chaque nouvelle fonctionnalité annoncée par le géant américain.

Ainsi, depuis le 27 mai 2025, Meta peut exploiter tous les posts et commentaires publics sur Facebook et Instagram pour entrainer son IA, à moins que l’utilisateur ne l’ait expressément refusé.

Et pour ce qui est de WhatsApp, Meta déploie actuellement des fonctionnalités pour résumer les fils de discussion.
Là encore, le géant américain promet une confidentialité totale : « Message Summaries utilise la technologie Private Processing, qui permet à Meta AI de générer une réponse sans que Meta ou WhatsApp ne voient jamais vos messages ou les résumés privés. »

Pour garantir cette confidentialité, Meta prévoit que le traitement soit effectué sur des serveurs distants dans des environnements d’exécution de confiance (« Trusted Execution Environment », TEE).

Une promesse exposée dans un article technique, mais qui soulève déjà des interrogations auprès de chercheurs en cybersécurité : « Il n’existe pas de système d’IA sans risque pour traiter les messages privés », souligne Adrianus Warmenhoven, conseiller en cybersécurité chez NordVPN. « WhatsApp a clairement contribué à réduire ces risques, mais il s’agit de trouver un équilibre entre la demande des utilisateurs pour des fonctionnalités intelligentes et la promesse fondamentale d’un chiffrement de bout en bout. »

Le manque de transparence, générateur d’inquiétudes

Comme avec Private Processing, Meta mise une fois de plus sur la confiance de ses utilisateurs. Car même si l’entreprise affirme vouloir « permettre une recherche indépendante en matière de sécurité » et publier « un document de conception détaillé » au fur et à mesure du lancement, l’ensemble de l’infrastructure reste sous le contrôle unique de Meta.

Pour celles et ceux qui s’inquiètent de l’exploitation de leurs données personnelles par les messageries instantanées, il existe des alternatives open source : comprenez des applications dont le code source est non seulement consultable publiquement, mais aussi modifiable par la communauté. La sécurité et la fiabilité reposent alors sur l’examen public et la collaboration.

Des applications comme Signal ou Element, par exemple, publient l’intégralité de leur code sur GitHub. En matière de transparence, difficile de faire mieux.

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