Pensés comme un symbole de modernité, les boutons tactiles des volants de Volkswagen sont désormais accusés d’avoir causé des accidents. Aux États-Unis, une action collective vise la marque.
Volkswagen a voulu moderniser ses volants en remplaçant les boutons physiques par des commandes tactiles haptiques. Présentées comme une avancée, elles sont perçues par la presse et les clients comme une régression, trop sensibles et sources d’actions involontaires.
Aux États-Unis, le problème va même plus loin que quelques critiques publiées en ligne. Comme l’a repéré Insideevs, une action collective « Beecher v. Volkswagen » a été lancée en juin contre le constructeur allemand, accusant ces fameux boutons capacitifs d’avoir contribué à des accidents, y compris un accident mortel.
Les Américains sortent les avocats
Les Volkswagen ID.4 vendus entre 2021 et 2023 aux USA sont équipés d’un volant à commandes tactiles trop sensibles, notamment pour les fonctions d’Adaptive Cruise Control (ACC, traduisez « régulateur de vitesse adaptatif » ). Selon la plainte déposée, un simple effleurement des boutons tactiles sur le volant peut activer ou réactiver le régulateur de vitesse, ce qui provoque une accélération soudaine et involontaire du véhicule.

Ces commandes tactiles sont accusées d’avoir :
- Une ergonomie jugée dangereuse : contrairement à des boutons physiques qu’on peut actionner sans regarder, les boutons capacitifs demandent une attention visuelle, augmentant le risque d’inattention.
- Un manque de fiabilité : ils seraient soit trop sensibles, se déclenchant par un simple effleurement, soit pas assez, nécessitant plusieurs tentatives pour répondre.
- Un défaut de visibilité : de nuit, certains boutons ne sont pas rétroéclairés, ce qui rend leur usage encore plus risqué.
L’un des plaignants affirme que le conducteur impliqué dans un accident mortel a été distrait en manipulant ces boutons, ce qui aurait conduit à la collision fatale. La plainte remet également en cause les dispositifs de sécurité IQ.Drive de Volkswagen. Dans certaines circonstances évoquées par les plaignants, la pédale de frein n’aurait pas désengagé le système ACC (régulateur adaptatif) et le freinage d’urgence n’a pas été activé avant la collision, mais dans ces cas-là, il s’agit surtout d’accidents matériels.
La réponse de Volkswagen
Face à la grogne, VW a en réalité déjà amorcé un virage pour faire disparaître ces commandes tactiles de ses véhicules. Dans une interview accordée à Autocar en juin 2023, le PDG de Volkswagen, Thomas Schäfer, a reconnu ouvertement que « le recours aux commandes haptiques était une erreur », précisant que les boutons physiques devaient revenir sur des fonctions clés. Officiellement, la marque met en avant « l’écoute client ». Officieusement, elle admet que l’ergonomie avait été sacrifiée sur l’autel de l’esthétique et de l’innovation. La marque s’est engagée à ne jamais reproduire cette erreur.


Concernant l’action collective, la marque aurait en revanche nié un défaut de fabrication, attribuant systématiquement la cause des accidents à une « erreur de conduite » et refusant toute responsabilité, réparation, remplacement ou remboursement.
Malgré la multiplication des plaintes et des demandes d’enquête auprès de la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), Volkswagen n’aurait pris aucune mesure corrective satisfaisante selon les plaignants. Ce qui les conduit à un procès à l’issue incertaine.

Toute l’actu tech en un clin d’œil
Ajoutez Numerama à votre écran d’accueil et restez connectés au futur !