L’eau liquide existerait bien sur Mars… mais pas tous les jours

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Il pourrait y avoir certaines formes d’eau liquide sur Mars. Des traces brèves qui disparaissent lorsqu’il fait trop froid, mais qui pourraient être suffisantes pour aider au développement de certaines formes de vie extrémophiles.

Froide, sèche et désertique, Mars ne semble pas la meilleure candidate pour y trouver cet élément essentiel à la vie : de l’eau sous forme liquide. Et pourtant, les preuves s’accumulent en faveur d’une planète rouge autrefois bleue, et en plus, des relevés montrent que des traces du précieux liquide pourraient encore persister aujourd’hui.

Une étude parue le 10 juin 2025 dans Nature Communications Earth & Environment détaille un phénomène étudié durant plusieurs décennies d’observation : le comportement de la glace martienne. Observé et étudié pour la première fois en 1976 par la mission Viking 2, qui s’était posée à la surface de la planète rouge, le gel est présent sur les hauteurs des sommets martiens. Il s’agit d’une sorte de glace, dont l’état peut varier selon les températures, mais qui, a priori, ne passerait pas par la forme liquide. Au contraire, la glace martienne se sublime, ce qui signifie qu’elle passe directement de l’état solide à gazeux.

Deux fois par jour, deux mois par an

Dans cette étude, le principal auteur issu de l’Université de l’Arkansas, Vincent Chevrier, s’est servi des mesures prises à l’époque par Viking 2, ainsi que d’une grande base de données nommée Mars Climate Database, qui rassemble toutes les informations autour du climat martien.

De l'eau glacée sur Mars // Source : Agence spatiale européenne
De l’eau glacée sur Mars. // Source : Agence spatiale européenne

À partir de là, il a pu déterminer qu’il existait une petite fenêtre durant laquelle la glace passe bien à l’état liquide. Cela se produit à des périodes très spécifiques entre la fin de l’hiver et le début du printemps, pendant environ deux mois terrestres, et uniquement tôt le matin et en fin d’après-midi.

Durant ces brefs moments, la température est autour des -75 degrés Celsius. Et le gel martien extrêmement salé n’est pas encore assez froid pour passer à l’état solide, et pas assez chaud pour se transformer en gaz. Et ce en raison de la forte quantité de sel, qui lui permet de rester liquide plus longtemps.

En revanche, il ne faut pas s’attendre à une eau semblable à celle que l’on trouve sur Terre. Ici, le liquide est tellement riche en sel qu’il s’agit plutôt de saumure. Formée à partir de perchlorate de sodium, cette forme liquide se trouverait en contact avec le reste du gel et se maintient dans cet état durant plusieurs heures.

Un indice pour savoir où creuser sur Mars

Alors, il y a de l’eau sur Mars ? Pas si simple. Tout d’abord, le meilleur type de sel pour former ces saumures serait donc le perchlorate de calcium, et il ne représente que 1% de la surface martienne. De plus, il serait en contact avec une couche de gel extrêmement fine, de l’ordre du millimètre, ce qui limite quelque peu les chances d’avoir une grosse quantité d’eau.

Plus on est sur du bleu et du violet, plus l'eau glacée est proche de la surface. Les zones noire sont celles où un atterrissage serait possible. Le cadre blanc désigne la région pertinente repérée par les scientifiques. // Source : NasaPlus on est sur du bleu et du violet, plus l'eau glacée est proche de la surface. Les zones noire sont celles où un atterrissage serait possible. Le cadre blanc désigne la région pertinente repérée par les scientifiques. // Source : Nasa
Plus on est sur du bleu et du violet, plus l’eau glacée est proche de la surface. Les zones noires sont celles où un atterrissage serait possible. Le cadre blanc désigne la région pertinente repérée par les scientifiques. // Source : Nasa

De plus, toute cette étude repose sur des modèles et des simulations. Il faudrait une mission dédiée à la glace martienne pour s’assurer que ces hypothèses puissent être confirmées in situ.

Cela dit, malgré les doutes, si la présence de ces saumures à la surface de Mars était confirmée, cela serait extrêmement intéressant d’un point de vue astrobiologique. Il n’y aurait sans doute pas assez d’eau pour soutenir une présence humaine, mais ce cycle saisonnier pourrait être un support à des formes de vie extrémophiles anciennes. Trouver ce perchlorate de calcium serait ainsi un bon début pour savoir où chercher des traces de vie.

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