Les bonnes nouvelles se sont accumulées pour SpaceX en cette fin du mois d’août, concernant le développement du Starship. Outre le bon comportement du propulseur Super Heavy, l’entreprise américaine a pu constater la survie de l’étage supérieur dans l’atmosphère.
Les efforts ont donc fini par payer. Dans la nuit du 26 au 27 août 2025, l’étage supérieur du Starship a enfin réussi à survivre à sa rentrée atmosphérique pour finir sa course dans l’océan Indien, au large des côtes australiennes. Ce faisant, l’entreprise américaine SpaceX, qui fabrique la fusée, a mis fin à la série noire qui la hantait depuis le début de l’année.
Ce n’était pas gagné. L’exemplaire de l’étage supérieur (le « Ship 37 ») utilisé lors de ce vol d’essai n°10 du Starship a reposé sur le design du Starship v2. Or, celui-ni n’a connu que des déboires. Le Ship 33 ? Détruit lors du 7e test. Le Ship 34 ? Même sort à l’essai suivant. Le Ship 35 n’a pas connu un sort plus favorable au vol 9 et le Ship 36 a explosé sur un banc d’essai.
Le design du Starship v2 semblait donc fondamentalement bien trop défaillant pour espérer une meilleure issue avec le Ship 37 — bien que SpaceX ait, à chaque fois, procédé à d’importants travaux correctifs pour finaliser cette génération d’étage supérieur. Cette fois, ça a marché, ce qui est prometteur pour la suite (le Ship 38 est aussi basé dessus).
Une rentrée atmosphérique difficile
Mais la réussite survenant après ces trois échecs successifs n’est pas la fin de l’histoire. Il faudra maintenant confirmer ça avec le prochain vol, dont la date n’est pas encore fixée. Le vol 11 pourrait en principe arriver assez vite, en raison des bons résultats que la mission du jour vient d’enregistrer. Et, surtout, corriger encore les faiblesses constatées.

Car, si les autres phases de rentrée ont pu être accomplies, cela s’est fait non sans mal. Le véhicule a été endommagé lors de cette phase très critique : la structure est apparue rougeoyante et incandescente, peut-être en partie fondue par endroits. Elle a aussi a perdu des morceaux. Puis, juste après son arrivée dans l’eau, l’engin a basculé et explosé.
Il faut noter que SpaceX avait retiré des tuiles de protection volontairement, à des endroits clés, pour mesurer la résistance de ces zones.
Malgré tout, un autre succès notable est à souligner, qui a eu lieu aussi durant ce dixième test : le déploiement dans l’espace de plusieurs charges utiles simulant des satellites Starlink. Cette démonstration était attendue depuis janvier 2025. Il avait été impossible de la mettre en œuvre aux vols 7 et 8 (l’étage avait été perdu avant). Au vol 9, le test avait été abandonné.


« L’année n’a pas été facile »
En attendant l’arrivée du Starship v3, qui doit faire ses débuts plus tard, SpaceX a de quoi savourer sa revanche. « Ne pariez pas contre SpaceX ! », s’est enthousiasmée Gwynne Shotwell, la présidente et directrice des opérations de l’entreprise. « Excellent travail de l’équipe SpaceX ! », a abondé Elon Musk, le patron et fondateur.
L’administrateur par intérim de la NASA, Sean Duffy, y est aussi allé de son petit commentaire : « Félicitations à SpaceX pour son essai Starship ». Il faut dire que l’agence spatiale américaine attend beaucoup du Starship. C’est ce vaisseau qui sera mobilisé pour déposer des astronautes américains sur la Lune, dans quelques années, avec le programme Artémis.


Shana Diez, directrice de l’ingénierie chez SpaceX, pour le Starship, a, elle aussi, salué le travail abattu. « Les 4 dernières pertes du Ship [et d’un site d’essai] et les innombrables heures consacrées par les équipes d’ingénieurs et les techniciens à corriger les leçons apprises nous ont permis d’obtenir un excellent résultat aujourd’hui. […] L’année n’a pas été facile. »



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