Dans tout son panel de marques, le groupe chinois Chery possède une filiale orientée vers le raffinement et la sportivité : Exeed. Un nom totalement inconnu chez nous, mais qui se développe dans d’autres régions du monde. On a pu approcher certains modèles de plus près.
Présent dans pas moins de 120 marchés de la planète, le groupe automobile chinois Chery n’est pas un acteur à prendre à la légère. En Europe occidentale, sa présence se limite aux marques Omoda et Jaecoo, que Numerama a pu vous faire découvrir lors de notre participation au Chery International User Summit au mois d’octobre, en Chine. Cependant, le groupe est présent dans le reste du continent (et du globe) avec plusieurs autres marques, comme Exeed.
Cette marque portée sur le segment haut de gamme est distribuée en Asie, au Moyen-Orient, en Afrique et en Europe de l’Est. Que vaut-elle et pourrons-nous la voir bientôt chez nous ? Nous sommes allés découvrir certains de ses modèles électriques de plus près pendant notre excursion chinoise.
Exeed/Exlantix : la marque premium-sport de Chery
Au sein du groupe, Exeed occupe la place de marque premium-sport, voir « luxe » du constructeur automobile chinois. Pour décrire cette filiale du groupe, l’un des représentants a fait le parallèle avec Mercedes, en expliquant qu’Exeed était « l’AMG de Chery ».

Sur les six modèles que compte la gamme, deux sont des voitures 100 % électriques (déclinées aussi en prolongateur d’autonomie) : la berline ES et le SUV ET. Mais attention, les appeler simplement Exeed serait un abus de langage. Selon le marché, la marque Exeed devient Exlantix. Pour être précis, les modèles s’appellent donc respectivement Exeed Exlantix ES et Exeed Exlantix ET. En revanche, vous ne trouverez nulle part un blason d’Exeed sur la carrosserie ou dans l’habitacle, enfin… ça dépend dans quel marché ils sont vendus. Vous suivez toujours ?


Attardons-nous sur la berline ES qui — esthétiquement — mise sur une silhouette assez futuriste mais somme toute assez quelconque. Les designers ont visiblement encore du travail à faire pour proposer une voiture véritablement séduisante au premier regard (sans la couleur noire matte de l’exemplaire). Par ailleurs, certains assemblages de la carrosserie à l’extérieur m’ont paru un peu loupés par endroit.
Un intérieur soigné, mais neutre
Dans l’habitacle, le feeling est également étrange. La présentation parait plus soignée, mais il ne se dégage pas grand-chose une fois installé dans les sièges, très moelleux au passage. C’est relativement épuré, mais surtout neutre.


Du côté de l’info-divertissement, le logiciel reprend (ou imite) dans les grandes lignes ce que fait Tesla quant au design de l’interface. Bien évidemment, on ne peut pas enlever aux voitures chinoises que leur système réagit souvent au doigt et à l’œil. En Chine, les voitures peuvent intégrer Huawei HiCar, l’équivalent d’Apple CarPlay.
À bord du plus cossu SUV Exeed ET, l’ambiance était plus raffinée. La sellerie en cuir crème arbore un motif diamant, tandis que le placage façon bois clair ajoute au standing de l’habitacle, comme la molette et les boutons style cristal présents sur la console centrale.
Les assises sont encore plus confortables ici, alors que les sièges de la deuxième rangée sont indépendants et inclinables comme on veut, permettant de voyager en classe affaires. S’agissant d’un modèle six places, on trouve deux autres fauteuils au fond dans lesquels on est loin de se sentir à l’étroit.


L’intérieur fait la part belle aux écrans avec non pas deux, ni trois, ni quatre, mais cinq (5 !) affichages. Un pour le conducteur, une double dalle sur la planche de bord, un écran dépliable au milieu du plafond et enfin un petit écran pour que les passagers arrière puissent contrôler certaines fonctions du véhicule.
Une fiche technique dans les clous sauf sur un point
La technique aussi est plutôt au point : architecture 800 V pour une recharge de 10 à 80 % de batterie en une dizaine de minutes. Quand la berline ES revendique une autonomie de 500 km via un accumulateur de 82 kWh, le SUV ET propose 411 km avec sa batterie de 77 kWh. Tous les modèles embarquent de série un niveau de conduite autonome L2.


Suffisant pour prétendre au marché européen ? Le patron de la branche française de Chery, Hanbang Yu, ne cache pas ses ambitions et espère un jour déployer la marque Exeed/Exlantix en France. Toutefois, le dirigeant chinois nous a souligné en table ronde que le groupe devait « être prudent avec les marques plus haut de gamme ».


Tout dépendra des résultats d’Omoda et Jaecoo. De notre côté, on a plus de mal à voir comment pourrait réussir une nouvelle marque chinoise avec un tel positionnement, et sans véritable valeur ajoutée ou révolution technologique. Quand on voit ce qu’AMG a pondu avec son concept GT XX ou simplement Mercedes avec le nouveau GLC, Chery a donc encore du pain sur la planche.
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