Le grand jour est arrivé : Microsoft sort sa saga phare Gears of War en dehors de l’écosystème Xbox. Le premier opus est disponible sur PS5 dans sa version ultime, et on doit avouer qu’y jouer procure un petit pincement au cœur.
Ce mardi 26 août 2025 est une date à graver dans le marbre pour le marché du jeu vidéo. Qui aurait pu prédire, il y a dix ans, qu’un jeu édité par Microsoft sortirait sur PS5 en même temps qu’un jeu édité par Sony sur Xbox ? Sans doute personne. Et pourtant, c’est ce qui arrive une décennie plus tard à Gear of War: Reloaded et Helldivers 2. Un évènement qui vient mettre à mal la fameuse guerre des consoles à laquelle se livrent encore les fans les plus fidèles de chaque marque. Il faut s’en réjouir.
Ces deux lancements correspondent à des stratégies tout à fait légitimes. Sony souhaite maximiser le potentiel de son jeu-service, qui a été un vrai phénomène à sa sortie en 2024. Quant à Microsoft, il est acculé : désireux de devenir l’éditeur numéro 1 au monde et face aux ventes ridiculement faibles de ses consoles, la multinationale américaine est contrainte de partager ses meilleures cartouches. Cela lui réussit : Forza Horizon 5 est l’une des meilleures ventes PS5 de cette année 2025.
Il n’empêche. Au-delà de ces considérations, voir Gears of War quitter son foyer pour aller dans écosystème concurrent fait un sacré pincement au cœur.

Le jour où Gears of War n’est plus exclusif aux consoles Xbox
Gears of Wars faisait partie des bijoux de famille sur la Xbox, avec Forza et Halo. Aujourd’hui, de cette sainte trinité intouchable, il ne reste plus que Halo comme représentant de cette époque. Le jour où une aventure du Master Chief débarquera ailleurs, cette page sera alors irrévocablement tournée.
L’arrivée de Gears of War: Reloaded symbolise le changement de pivot dans la manière dont Microsoft souhaite se positionner sur le marché du gaming. Longtemps, la licence imaginée par Epic Games, et reprise par The Coalition, a été vigoureusement attachée à la marque Xbox.
De leur univers à l’américaine (des gros bras armés jusqu’aux dents qui sauvent le monde) à leur statut de vitrine technologique, pensée pour faire briller « les consoles les plus puissantes du monde », les Gears of War ont accompagné les fans Xbox à partir de la Xbox 360. En 13 ans, soit de 2006 à 2019, on compte cinq épisodes canoniques (sans oublier le piètre spin-off sous-titré Judgment). Un tel rythme prouve à quel point la saga a compté, et compte, pour Microsoft. Le prochain opus, intitulé Gears of War: E-Day est normalement attendu pour 2026, à l’occasion des 25 ans de la Xbox.


Quand on adore Gears of War et qu’on a joué à chaque jeu dès leur sortie, parfois en coopération avec un ami, lancer Gears of War: Reloaded sur PS5 donne une sensation étrange. Et ce n’est pas qu’une question de manette (les sticks de la DualSense sont symétriques) : c’est une accumulation d’habitudes qui s’envolent, à commencer par les bruitages des consoles Xbox qui manquent aux oreilles. Bien sûr, on finit par s’y faire, et on ne peut qu’applaudir l’aubaine pour des millions de propriétaires d’une PS5, lesquels vont pouvoir découvrir un digne représentant du genre jeu de tir à la troisième personne (TPS), avec un gameplay axé sur la couverture (on se protège derrière une paroi et on tire). L’atmosphère neuneu des Gears of War est toujours aussi excellente pour qui aime la testostérone, le second degré et la violence. Le gameplay est jouissif et se met au service du grand spectacle.
Le constat crève-cœur est d’autant plus appuyé que la version PS5 de Gears of War: Reloaded est certainement la meilleure en raison des spécificités exploitées par Microsoft. Bonne élève, la firme de Redmond n’entend pas oublier de solliciter les technologies exclusives à la console de Sony, offertes par la DualSense. Ainsi, le haut-parleur de la manette renforce l’immersion en jouant les sons les plus proches (rechargement de l’arme, communication radio), tandis que les gâchettes adaptatives assurent une légère résistance pour donner du poids aux affrontements. Ajoutez à cela une remasterisation en 4K qui permet au TPS de tourner à 60, voire en 120 images par seconde sans sourciller (l’original était en 720p). Certes, certaines textures ont pris un petit coup de vieux, mais le ravalement de façade assure l’essentiel.
Pour (re)découvrir un tel monument, le plaisir est là, sachant que le gameplay a plutôt bien vieilli (recharger son arme avec le bouton de tranche et le bon timing, toujours la meilleure idée possible).

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