Google dévoile la vraie consommation d’eau et d’électricité de Gemini et de l’IA générative

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Dans un rapport publié le 21 août, Google dévoile des chiffres sur l’impact de Gemini en matière de consommation d’électricité, d’eau et d’émissions carbone. L’entreprise souhaite démontrer que son chatbot ne pollue pas autant que ce que certains prétendent.

Google le réitère : l’entreprise s’engage à atteindre la neutralité carbone d’ici 2030. L’échéance est dans cinq ans, mais l’arrivée de l’IA générative a participé à doubler la consommation électrique de Google. Le géant du web avait été un des premiers à admettre que l’IA générative polluait, ce qui laissait penser à certains que les objectifs envirenomentaux des géants de la tech devenaient inateignables.

Pour répondre à ses détracteurs, Google dévoile dans un billet de blog paru le 21 août ses estimations sur la consommation énergétique réelle de son chatbot Gemini. Google ajoute également un document technique décrivant la méthodologie qui lui a permis d’obtenir ces calculs.

Quelle est l’empreinte énergétique et carbone de Gemini ?

Google parle en « prompt textuel médian » envoyé à Gemini. Selon l’entreprise, une requête consomme en moyenne :

  • 0,24 Wh d’énergie ;
  • 0,03 g d’équivalent dioxyde de carbone (gCO2e) ;
  • 0,26 mm d’eau (environ cinq gouttes).

C’est un peu moins que les estimations données par Sam Altman en juin dernier pour une requête moyenne de ChatGPT : 0,34 Wh et 0,26 mm d’eau également.

Ces calculs de consommation énergétique comprennent l’utilisation de l’IA, son entraînement, mais également la production de puces qui l’alimentent. Google dit avoir considéré les puces inactives, qui servent durant les pics de trafic par exemple. Elle prend en compte la consommation en électricité et en eau des data centers, mais a priori pas leur construction. Les data centers de Google ont en moyenne un très bon PUE (Power Usage Effectiveness, soit l’efficacité énergétique) : 91% de l’électricité d’un centre de données est utilisée par les serveurs (les 9 % restants le sont pour le refroidissement et les autres installations électriques).

La consommation d'électricité de Google liée à ses data centers est en hausse // Source : GoogleLa consommation d'électricité de Google liée à ses data centers est en hausse // Source : Google
La consommation d’électricité de Google liée à ses data centers est en hausse année après année, avec un gros écart depuis Gemini. // Source : Google

Pour Google, « ces chiffres sont nettement inférieurs à de nombreuses estimations publiques. » L’entreprise a calculé que « l’impact énergétique par prompt est équivalent à moins de neuf secondes de télévision » (quelle taille, dans quel pays, avec quel type de dalle ? Google ne le précise pas). Elle va même plus loin : « au cours des 12 derniers mois, l’énergie et l’empreinte carbone totale du prompt textuel médian des applications Gemini ont été divisées respectivement par 33 et 44 ». Des chiffres bien plus avantageux que ceux d’autres estimations. Le mois dernier, Mistral AI estimait une requête à Mistral Large 2 à 1,14 gCO2e et à 50 mm d’eau. Contrairement à Google, Mistral AI considérait davantage de facteurs dans ses calculs. D’autant plus que Mistral AI n’a pas l’échelle de Google : les optimisations que l’entreprise peut réaliser ont un impact moindre.

0,03 g de CO2 par requête Gemini : les chiffres de Google sont-ils fiables ?

Contrairement à d’autres mesures d’empreintes énergétiques et carbone, Google ne prend pas en compte l’énergie liée au trafic Internet de Gemini, l’énergie consommée par les appareils des utilisateurs, ainsi que l’énergie liée à l’entraînement de Gemini. Par ailleurs, dans le calcul de l’empreinte carbone liée à la production d’électricité, Google prend en compte les contrats carbone. Manque aussi le recyclage des appareils des utilisateurs et des serveurs informatiques.

Mistral  // Source : Mistral AIMistral  // Source : Mistral AI
Dans son calcul, Mistral AI prend davantage de facteurs en compte, ce qui engendre une consommation estimée plus élevée // Source : Mistral AI

Dans sa méthodologie, Google dit s’inspirer des principes de l’analyse de cycle de vie (ACV), mais elle ne l’est pas concrètement. Ce rapport publié et documenté par Google n’a pas été vérifié par un tiers indépendant pour le moment. Impossible de savoir si les chiffres avancés par l’entreprise sont réellement fiables, bien que la méthodologie présentée soit complète.

Google n’a pas réalisé cette étude en respectant les normes ISO 14040, 14044 et 14067, utilisées la plupart du temps dans l’évaluation de l’empreinte carbone d’un produit ou d’un service. Apple s’en sert par exemple pour calculer l’empreinte des iPhone, même chose pour les Mac. Google fait ici un exercice de transparence, mais vise surtout à rassurer les anti-IA.

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