Tesla vient de célébrer la production de son 100 000e Model Y nouvelle génération à Berlin. Un jalon symbolique, mais que cache vraiment ce chiffre ?
Il est toujours important de célébrer certains jalons dans l’activité d’une entreprise. En fêtant la production de son 100 000e nouveau Model Y dans l’usine allemande, Tesla veut marquer les esprits. Tesla a réussi à faire aussi vite que Xiaomi pour son tout premier modèle. Derrière ce chiffre, très honorable pour la production de la Gigafactory allemande, il a cependant un léger revers de la médaille : les calculs ne sont pas spécialement bons.
Les premiers exemplaires du nouveau Model Y de série ont commencé à être assemblés à la mi-février sur le site de Grünheide. La montée en cadence de la production a donc été plutôt bonne sur 6 mois. Pour autant, tout cela reste en deçà de ce que Tesla promettait il y a quelques années à peine.
Une usine allemande loin de ses capacités maximum
Quand Elon Musk a annoncé la Gigafactory de Berlin en 2019, l’objectif affiché était clair : produire 500 000 véhicules par an, soit 10 000 voitures par semaine. Une promesse répétée lors de l’inauguration en mars 2022. Dans les faits, la montée en cadence est restée limitée.
Même au plus fort de la production du Model Y première génération, l’usine n’a jamais dépassé 250 000 exemplaires par an, avec un pic à 5 000 unités hebdomadaires en 2023. Depuis, les volumes ont reculé. Et après un calcul rapide, la production du nouveau Model Y tourne à moins de 4 000 voitures par semaine. Il est peut probable que la production annuelle 2025 affiche un record face aux années précédentes.
En fait, pour produire 500 000 exemplaires, l’usine de Berlin aura eu besoin de 3 ans d’existence. Tesla a célébré ce jalon sur les réseaux sociaux fin mars 2025.

Peu de débouchés pour l’usine
À partir de juillet 2023, Elon Musk et Tesla ont commencé à évoquer le projet d’atteindre une capacité annuelle de 1 million de véhicules pour l’usine de Berlin. La marque a d’ailleurs déposé une demande d’agrandissement auprès des autorités allemandes pour doubler la taille du site.
Cette décision a été mal accueillie par la population locale et des mouvements écologistes, qui ont mené différentes actions pour bloquer le projet. Finalement, avec un certain succès, car l’expansion vers 1 million de véhicules par an a été mis officiellement « en pause » en 2025. Il faut dire que les chiffres de production actuels sont bien deux fois moins élevés que la capacité-cible de l’usine. Il n’y a aucune urgence pour Tesla à développer les cadences de production d’une usine déjà sous-exploitée.
À moyen terme, la Gigafactory Berlin pourrait effectivement servir à fabriquer d’autres modèles Tesla, sauf que pour l’instant rien ne vient. Plusieurs pistes ont circulé : le modèle compact à 25 000 €, la Model 3 déplacée de Shanghai à Berlin, ou même le Tesla Semi, mais sur ces trois hypothèses, deux sont déjà hors course. Il ne reste pour le moment que l’éventualité d’un assemblage des camions Tesla Semi pour l’Europe, c’est mince.
Et si les ventes du Model Y ralentissent ?
Malgré un départ un peu poussif, les ventes du nouveau Tesla Model Y sont en bonne voie pour retrouver les volumes de l’ancienne génération en Europe. De quoi espérer un maintien de la cadence actuelle de l’usine.


Néanmoins, si l’effet de nouveauté s’estompe plus vite que prévu, l’usine de Berlin pourrait vite devenir un poids gênant pour Tesla. Les Model Y produits à Berlin ont beau être envoyés dans 37 pays, 28 de ceux-là sont des pays européens. Et si l’on n’a pas le détail exact des chiffres de ventes pour cette nouvelle version, il est peu probable que les 100 000 exemplaires produits aient déjà trouvé preneur. Une situation qu’il faudra observer sur les prochains trimestres, en espérant que Tesla va se décider à trouver de nouveaux débouchés pour l’usine allemande.

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