Après des années de tension et un divorce, l’alliance est-elle sur le point de renaître ? Le départ de Luca de Meo et les difficultés financières de Nissan ouvrent une fenêtre stratégique que Renault pourrait exploiter.
Depuis que le divorce a été entériné, on a parfois l’impression que l’Alliance Renault-Nissan ne s’est jamais aussi bien portée. Selon un article du Financial Times, Renault et Nissan auraient repris des discussions pour ranimer leur partenariat, après les récents bouleversements aux plus hauts niveaux des deux groupes.
Plusieurs projets entre les deux constructeurs pourraient contribuer à reconstruire un partenariat solide, mais sera-t-il assez solide pour permettre à Nissan de sortir de la crise qui le menace ?
L’alliance, épisode 2 ?
Cette alliance entre Renault et Nissan a débuté il y a 26 ans, en 1999. Elle a connu des hauts et des bas, avec en point d’orgue l’arrestation de Carlos Ghosn en 2018 qui a marqué un point de rupture. À partir de ce moment-là, les ambitions communes ont nettement reculé, quelques synergies ont néanmoins été conservées sur des projets précis, notamment concernant la voiture électrique. Mais les sociétés communes ont été dissoutes.

En 2023, Luca de Meo accepte une réduction de la détention de Renault (de 43 à 15 %), mais la chute du cours de Nissan et les lourdes dépréciations intervenues ont rendu plus complexe cette stratégie. Aujourd’hui, François Provost, nouveau patron de Renault, pourrait de nouveau chercher à s’appuyer sur Nissan, et l’inverse est également vrai.
François Provost affirme que les partenariats sont essentiels pour donner à Renault l’échelle qui lui manque face à des concurrents comme Stellantis ou Mercedes, mais avec plus d’agilité. La capacité de Renault à négocier des partenariats pour attaquer certains marchés est une force, comme il l’expliquait dans sa prise de parole lors de la journée de la filière automobile du 4 novembre. Et selon des sources proches des discussions, il discute régulièrement avec Ivan Espinosa, le nouveau dirigeant de Nissan, de projets de coopération.
L’électrique pour enterrer la hache de guerre ?
Si l’alliance s’est effritée, c’est bien l’électrique qui pourrait aujourd’hui servir de ciment. La gamme électrique de Nissan repose sur les plateformes Renault, voire un peu plus comme pour la Nissan Micra. Mais la Leaf, comme le modèle plus ancien Ariya, empruntent aussi la même plateforme que les Mégane et Scénic.


Dans les tuyaux, il y a aussi la version Nissan de la Renault Twingo, qui au rythme de développement de la branche ACDC va rapidement venir avec des informations neuves en 2026 (enfin après la déclinaison Dacia). Une coopération concrète qui prouve que malgré les tensions un socle technique commun subsistait. Et selon les sources du Financial Times, d’autres projets « à forte valeur ajoutée » seraient en préparation : Nissan cherche à étendre ses collaborations industrielles pour réduire ses coûts et stabiliser sa production, fragilisée par les fermetures d’usines et les 20 000 suppressions de postes annoncées ces derniers mois. De son côté, Nissan n’exclut pas non plus d’autres collaborations comme avec Honda, malgré un premier échec des négociations.
Renault, de son côté, profite de cette opportunité pour accroître l’échelle de ses plateformes électriques afin d’en abaisser les coûts, sans multiplier les investissements. L’électrique devient alors une zone de convergence naturelle où chaque gain de synergie compte. Renault a également profité de la reprise des échanges avec Nissan pour négocier la prise de contrôle de la coentreprise en Inde, l’un des marchés qui pourrait faire la différence dans quelques années.
Il reste cependant peu probable que l’Alliance se reconstitue comme avant. Ce n’est tout simplement plus dans l’intérêt des deux constructeurs. Cependant, les collaborations peuvent prendre de nombreuses formes, comme nous l’a démontré Renault avec Geely.
Toute l’actu tech en un clin d’œil
Ajoutez Numerama à votre écran d’accueil et restez connectés au futur !
