L’avenir des hélicoptères de manœuvre et de combat est débattu en raison de l’avènement des drones armés et des munitions rôdeuses. Mais l’industrie songe à transformer ces aéronefs pour en faire des plateformes de lancement.
À l’heure des drones armés et autres munitions rôdeuses, les hélicoptères de combat ont-ils de l’avenir sur le champ de bataille ? Voilà une question qui mobilise aussi bien les États-majors que les industriels, alors que les systèmes aériens sans pilote peuvent être produits massivement, à moindre coût, tout en pouvant causer des dégâts significatifs à des engins bien plus onéreux.
Ce péril s’est récemment illustré à travers un incident en Colombie. Selon les témoignages sur place, un hélicoptère UH-60 Black Hawk utilisé par la police aurait été descendu par un drone, entraînant la mort d’au moins 12 individus. Une affaire qui, si elle est confirmée, rejoint d’autres cas semblables, observés en Ukraine et en Birmanie.
Le Black Hawk, futur lance-drones
Mais un autre destin pourrait attendre les hélicoptères militaires : celui de devenir des plateformes mobiles aériennes capables de lancer des drones. C’est en tout cas dans cette direction que va aller Sikorsky, le constructeur américain derrière le célèbre Black Hawk. Un plan de modernisation a été officialisé le 20 août, qui inclut notamment cette dimension.

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Ce plan, adossé à un contrat initial d’une valeur de 43 millions de dollars, inclut un axe d’effort consistant à intégrer au Black Hawk « une infrastructure numérique permettant l’intégration rapide de systèmes aériens sans pilote ». L’amélioration de la cellule est aussi prévue, ainsi que des progrès sur la motorisation et la consommation de carburant.
La piste que suit l’industriel, filiale du géant de la défense Lockheed Martin, n’est pas unique.
D’autres travaux en ce sens sont en train d’être observés ailleurs. Mi-juillet, Boeing annonçait que son hélicoptère CH-47 Chinook a réussi à lancer des drones. En mai de la même année, un accord a été officialisé entre Airbus Helicopters et la société espagnole Arquimea pour étudier l’intégration de la munition rôdeuse Q-Slam-40 sur l’hélicoptère européen NH90.
En France aussi, la réflexion existe
En France aussi, ce sujet est étudié, comme le notait le site spécialisé Zone Militaire, citant les propos du général David Cruzille, le commandant de l’Aviation légère de l’Armée de Terre. Lors d’un entretien organisé avec le Commandement du combat futur (un commandement de l’armée de terre), il avait évoqué des « engins lancés par aéronef ».


Ainsi, il a esquissé la perspective à court terme de voir un hélicoptère de combat Tigre lancer un drone, qui observerait alors une zone de 10 ou 20 km à l’avant, comme un éclaireur. Il a aussi mentionné la possibilité d’avoir à bord de certains hélicoptères de manœuvre un opérateur qui piloterait un drone en vue subjective.
Des drones dédiés à l’observation… mais aussi des munitions rôdeuses, dans l’hypothèse d’un scénario plus offensif. Cela ouvrirait, en tout cas, de nouvelles possibilités : éviter d’exposer un hélicoptère dans une zone risquée, prendre du renseignement, faire diversion, mener une attaque, ou bien pour piéger l’ennemi.



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