Après le flamboyant remake de Silent Hill 2 confié à Bloober Team, Konami revient aux affaires avec Silent Hill f. Cette nouvelle plongée horrifique a pour elle son ambiance et son héroïne atypique. On y a joué près de quatre heures à l’occasion de la gamescom.
Au sein du foyer d’Hinako, ce n’est pas la joie. Elle déteste son père, figure patriarcal et de colère. Elle en veut aussi à sa mère, complétement effacée et qui n’aurait jamais dû accepter une telle situation. Même sa grande sœur, qui a longtemps été son plus grand soutien, n’échappe pas à sa rébellion interne : elle est partie quand elle s’est mariée, un événement qu’Hinako vit comme un abandon, au point de noircir le visage de son ex-pilier dans le journal où elle compile ses pensées.
Hinako, adolescente sans doute trop en avance sur la société qui l’entoure, cherche donc à fuir sa famille. Heureusement, dans la petite ville de campagne d’Ebisugaoka, naguère vivier qui attirait les foules, il y a ses amis. Mais alors qu’elle cherche simplement à parler à quelqu’un, elle va fuir un cauchemar pour un autre, peut-être bien pire. Bienvenue dans Silent Hill f, futur jeu d’horreur de Konami attendu pour le 25 septembre 2025 sur PS5, Xbox Series S, Xbox Series X et PC.

Silent Hill f est une lente et immersive plongée dans l’horreur
Silent Hill f s’appuie sur une ambiance ô combien atypique : le Japon rural des années 60, ce qu’on n’a pas l’habitude de voir dans une telle production, ou même dans un Silent Hill (habitué à l’Amérique). En prime, on incarne une lycéenne, personnage qui n’est normalement pas taillé pour devenir une héroïne dans un récit avec des créatures effrayantes. C’est sans doute pour cette raison que Konami prend son temps : la mise en place de Silent Hill f est lente et contemplative. Elle permet de s’immerger au mieux dans cette époque, avant que la brume destructive ne prenne d’assaut Ebisugaoka et inonde ses rizières et ses rues de fleurs rouges peu commodes et d’ennemis inquiétants (des poupées désarticulées, qui masquent leur agressivité soudaine par des mouvements lents trompeurs).
Silent Hill f s’appuie sur une ambiance ô combien atypique
Silent Hill f mise d’abord sur la réalisation pour convaincre, et il faut reconnaître qu’il est plutôt joli, authentique et crédible. On notera aussi de beaux efforts dans la mise en scène, en témoigne ce plan fixe sur un banal rétroviseur dans lequel on voit Hinako grossir petit à petit à mesure qu’elle s’en rapproche. Autant de petites trouvailles qui renforcent le sentiment d’oppression, lequel doit beaucoup au sound design. Quand on entend des créatures sans les voir, on regarde tout autour de nous avant d’être happé par le sentiment de panique. Sur ce point, Silent Hill f, comparé à une vinaigrette par le scénariste, est une réussite.
On sera en revanche plus mesuré sur la partie action. De manière logique, Hinako n’est pas du genre à sortir un pistolet pour se défendre — elle ne saurait même pas s’en servir. Elle doit par conséquent composer avec ce qu’elle trouve sous la main, à commencer par des tuyaux métalliques de fortune, lesquels finissent par se briser. Ils servent d’armes dans des combats dont il faut prendre le pli, articulés autour d’une jauge d’endurance qui met un temps fou à se remplir (quand elle est vide), de coups lents et de mouvements défensifs à maîtriser (esquives au dernier moment, voire contre-attaque). Hinako dispose aussi d’une jauge de concentration, qui grignote sa santé mentale. Et quand elle perd pied, c’est sa barre de vie qui est affectée.


Par rapport au remake de Silent Hill 2, où les affrontements au corps-à-corps étaient plus que perfectibles, pour ne pas dire ridicules, il y a fort heureusement du mieux dans Silent Hill f. Mais la rigidité peut s’avérer un peu trop punitive, et l’usure des objets reste une mécanique très pénalisante — justifiée ici par l’absence de munitions pour des armes à feu. Surtout, on a quand même eu à en découdre un peu trop sur ce long aperçu de quatre heures de jeu. On aurait préféré la qualité à la quantité — et on n’a pas honte de dire qu’on a parfois opté pour l’évitement, par simple flemme et/ou manque d’appétence pour le feeling pataud des combats.
En plus de devoir combattre, Hinako doit aussi réfléchir. Silent Hill f est parsemé d’énigmes, inspirées du folklore japonais et qui demandent vraiment d’observer et réfléchir. L’une d’entre elles s’est même révélée cryptique dans son explication et sa résolution : même avec la solution en poche, on n’a toujours pas compris sa logique et ses règles. On espère que les développeurs ont veillé à l’équilibre cérébral sur l’intégralité de l’aventure. En attendant, chapeau pour l’atmosphère originale et oppressante.



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