À 4 000 mètres sous l’eau, ces photos spectaculaires dévoilent un monde inconnu

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C’est la fin de l’expédition sous-marine qui a exploré les profondeurs de l’océan Pacifique en Argentine. Qu’ont découvert les scientifiques ? Près de 40 nouvelles espèces et une biodiversité extrêmement riche. Les 200 heures d’images d’une qualité exceptionnelle occuperont les scientifiques pendant longtemps.

Entre le 23 juillet et 11 août 2025, s’est tenue une expédition sous-marine ayant pour but l’exploration de fond marins à près de 4 000 de profondeur, au large de la ville argentine de Mar del Plata.

Fait particulier, chaque plongée a été retransmise en direct sur YouTube et Twitch. Menée en partenariat avec la fondation américaine Schimdt Ocean Institute et le CONICET (Conseil national d’investigation scientifique et technique), la campagne aujourd’hui clôturée a révélé une biodiversité insoupçonnée.

Les biologistes du CONICET Renata Pertossi et Noelia Sánchez récupèrent des échantillons après la plongée du ROV SuBastian dans le canyon de Mar del Plata. // Source : ROV SuBastian / Schmidt Ocean Institute.
Les biologistes du CONICET, Renata Pertossi et Noelia Sánchez, récupèrent des échantillons après la plongée. // Source : ROV SuBastian / Schmidt Ocean Institute.

« Cette expédition a été une expérience unique, et je suis honoré de la partager avec mes collègues avec qui je travaille depuis dix ans », déclare Daniel Lauretta, scientifique en charge de l’expédition, dans un communiqué du CONICET publié le 19 août 2025.

40 espèces d’animaux et des années de travail qui attendent les scientifiques

L’expédition a permis de découvrir plusieurs récifs et des champs de corail situés à plus de 1 000 mètres de profondeur, ainsi que plus de 40 nouvelles espèces comprenant « des anémones de mer, des holothuries, des oursins, des escargots, des coraux et des crinoïdes, entre autres », estiment les scientifiques.

L'étoile de mer (Hippasteria phrygiana) : l'une des espèces observées et devenue emblématique de la campagne dans le canyon sous-marin de Mar del Plata // Source : ROV SuBastian / Schmidt Ocean Institute.L'étoile de mer (Hippasteria phrygiana) : l'une des espèces observées et devenue emblématique de la campagne dans le canyon sous-marin de Mar del Plata // Source : ROV SuBastian / Schmidt Ocean Institute.
L’étoile de mer (Hippasteria phrygiana) : l’une des espèces observées et devenue emblématique de la campagne, dans le canyon sous-marin de Mar del Plata. // Source : ROV SuBastian / Schmidt Ocean Institute.

Ne reste plus qu’à confirmer ces nouvelles espèces, ce qui prendra du temps, car il faudra les comparer, d’abord, à des espèces d’animaux marins connues.

« Vient maintenant l’étape du travail en laboratoire et sur ordinateur. En taxonomie, par exemple, nous reconnaissons de nouvelles espèces et décrivons ce que nous avons observé, en examinant les genres, les familles et la littérature pour établir des comparaisons », explique David Lauretta. « Cette étape peut prendre des mois, voire des années. » En effet, les scientifiques ont notamment plus de 200 heures d’images à analyser.

Une superbe pieuvre télescope (Amphitretus sp.) observée à 888 mètres de profondeur dans le canyon de Mar del Plata. // Source : ROV SuBastian / Schmidt Ocean Institute.Une superbe pieuvre télescope (Amphitretus sp.) observée à 888 mètres de profondeur dans le canyon de Mar del Plata. // Source : ROV SuBastian / Schmidt Ocean Institute.
Une superbe pieuvre télescope (Amphitretus sp.) observée à 888 mètres de profondeur dans le canyon de Mar del Plata. // Source : ROV SuBastian / Schmidt Ocean Institute.

Le chercheur en chef de l’expédition souligne à quelle point ces campagnes sont importantes pour évaluer les activités humaines qui peuvent être menées dans ces zones, sans perturber les espèces présentes, et prendre des décisions en conséquence. Il estime par ailleurs que « d’un point de vue scientifique, le travail accompli est une réussite ».

Des diffusions en live des plongées qui ont ému l’audience

Les plongées sont marines ont été effectuées par un véhicule télécommandé (ROV) nommé SuBastian. Selon Daniel Lauretta, « la qualité des images capturées par le ROV SuBastian est exceptionnelle et nous a permis de mieux comprendre la complexité de cet habitat et l’extraordinaire biodiversité qu’il abrite ».

Un « siphonophore » observé à 1 250 mètres de profondeur : un animal carnivore qui produit de la bioluminescence dans l'obscurité de l'océan // Source : ROV SuBastian / Schmidt Ocean Institute.Un « siphonophore » observé à 1 250 mètres de profondeur : un animal carnivore qui produit de la bioluminescence dans l'obscurité de l'océan // Source : ROV SuBastian / Schmidt Ocean Institute.
Un « siphonophore » observé à 1 250 mètres de profondeur : un animal carnivore qui produit de la bioluminescence dans l’obscurité de l’océan. // Source : ROV SuBastian / Schmidt Ocean Institute.

Et, effectivement, les images partagées et diffusées par les scientifiques sont fascinantes. Les diffusions en direct des plongées ont battu tous les records d’engagement du Schimdt Ocean Institute, en cumulant presque 18 millions de vues au total.

Un homard de Patagonie remarquable a été observé à 1 206 m de profondeur lors de l'étude. Les scientifiques doivent maintenant confirmer l'espèce. // Source : ROV SuBastian / Schmidt Ocean Institute.Un homard de Patagonie remarquable a été observé à 1 206 m de profondeur lors de l'étude. Les scientifiques doivent maintenant confirmer l'espèce. // Source : ROV SuBastian / Schmidt Ocean Institute.
Un homard de Patagonie remarquable a été observé à 1 206 m de profondeur lors de l’étude. Les scientifiques doivent maintenant confirmer l’espèce. // Source : ROV SuBastian / Schmidt Ocean Institute.

« Nous avons reçu des centaines de messages d’enfants, d’enseignants et de familles qui se sont sentis inspirés, surpris et même émus par les retransmissions en direct. Certains jeunes nous ont confié qu’ils rêvaient désormais de devenir biologistes marins », raconte le chercheur Martín Brogger, « un impact qui va au-delà de la science en créant un sentiment partagé d’émerveillement et de curiosité qui peut durer toute une vie ».

Une expérience exceptionnelle, un moment de pure passion

Mariano Martinez, un autre membre de l’expédition, précise que l’étude des fonds marins en Argentine a toujours été un défi pour de multiples raisons économiques et naturelles. Ce partenariat entre le Schimdt Ocean Institute et le CONICET a donc « permis de mettre en valeur la richesse et la beauté de la faune de notre pays dans un lieu aussi unique et inexploré », estime-t-il.

Une autre espèce énigmatiques découverte dans les profondeurs océaniques lors de la campagne : un concombre de mer du genre Scotoplanes. // Source : ROV SuBastian / Schmidt Ocean Institute.Une autre espèce énigmatiques découverte dans les profondeurs océaniques lors de la campagne : un concombre de mer du genre Scotoplanes. // Source : ROV SuBastian / Schmidt Ocean Institute.
Une autre espèce énigmatique découverte dans les profondeurs océaniques lors de la campagne : un concombre de mer du genre Scotoplanes. // Source : ROV SuBastian / Schmidt Ocean Institute.

Finalement, ce fut, pour Mariano Martinez : « un moment d’amour pur, de passion pour la nature et la recherche ». Une expédition qui a donc touché la population globale, mais particulièrement les Argentins, en plein cœur.

Pour aller plus loin
Plongée en zone hadale avec le sous-maarin Fendouzhe. Cette figure est créée pour représenter ces écosystèmes remarquables, formant une "rivière" de communautés chimiosynthétiques au fond de la tranchée hadal - peignant le fond de l'océan avec un kaléidoscope vivant de vitalité en haute mer // Source : Recoupée et agrandie_ Institut des sciences et de l'ingénierie des fonds de mer, CAS (IDSSE, CAS)Plongée en zone hadale avec le sous-maarin Fendouzhe. Cette figure est créée pour représenter ces écosystèmes remarquables, formant une "rivière" de communautés chimiosynthétiques au fond de la tranchée hadal - peignant le fond de l'océan avec un kaléidoscope vivant de vitalité en haute mer // Source : Recoupée et agrandie_ Institut des sciences et de l'ingénierie des fonds de mer, CAS (IDSSE, CAS)
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