Alors que les deux pays semblent lancés vers une course pour la Lune qui ne dit pas son nom, les progrès récents réalisés par la Chine laissent penser que c’est le drapeau chinois qui flottera bientôt sur notre satellite, et pas la bannière étoilée.
Le 6 août dernier, un véhicule destiné à aller sur la Lune a réussi un test d’atterrissage avec succès. Il s’agissait d’une maquette pour simuler Lanyue, l’atterrisseur lunaire chinois, qui a réussi une étape-clé avant un voyage habité vers la Lune. Un voyage qui devrait avoir lieu, d’après le gouvernement chinois, avant 2030.
Pendant ce temps, aux États-Unis, le lanceur censé pouvoir apporter un atterrisseur à la surface de la Lune lors de la mission Artémis 3, programmée en 2027, n’est autre que le Starship de SpaceX. La même fusée qui n’a pas connu un seul succès complet depuis le début de l’année, et qui multiplie les vols spectaculaires sans jamais réussir totalement une tentative.
« Il est maintenant probable que la Chine va battre la Nasa »
Tout cela laisse à penser que, dans cette course, les Chinois ont une avance considérable. Et si Beijing laisse entrevoir relativement peu d’infos, excepté ses meilleurs succès, les nouvelles côté américain ne sont pas bonnes. Ce qui a conduit un article d’Ars Technica à affirmer, ce 18 août 2025, qu’ « il est maintenant probable que la Chine va ‘battre’ la Nasa pour le retour sur la Lune dans la décennie, et va remporter au moins le début de cette nouvelle course à l’espace ».

Fait intéressant, cet article d’Ars Technica est signé Eric Berger. Journaliste américain spécialisé dans le spatial, Berger est aussi un grand défenseur d’Elon Musk et pourfendeur du lanceur « concurrent » de la Nasa, le SLS. Dans son livre Reentry paru en 2024, il détaillait comment SpaceX est une entreprise visionnaire qui a révolutionné le rapport à l’espace et va propulser l’humanité sur Mars.
Quelle que soit la véracité de ses opinions, Eric Berger a longtemps défendu SpaceX, même dans les échecs, détaillant comment chaque essai raté était source d’enseignement pour de futures tentatives certainement plus fructueuses. Mais là, même lui n’y croit plus !
Une nouvelle ère lunaire en chinois
Cela dit, cette course a-t-elle une quelconque importance ? Après tout, les Etats-Unis l’ont déjà bien gagnée il y a plus d’un demi-siècle avec le programme Apollo. Pourtant, comme le dit le chercheur spécialiste du spatial chinois, Dean Cheng, cité par Ars Technica : « Cela veut dire que la Chine peut faire de grandes choses et les Etats-Unis non. Ils ne peuvent même pas réitérer un projet entrepris il y a plus de 50 ans (…) ce qui va affecter la perception des autres nations sur qui gagne ou perd l’avance technologique et même idéologique. »


Les Etats-Unis perdraient donc leur suprématie, qu’elle soit réelle ou apparente, sur la Lune. Mais en plus, dans ce scénario, la Chine prendrait la place de leader dans une nouvelle économie lunaire. Dean Chang ajoute : « Le chinois serait un langage, si ce n’est le langage de la gestion du trafic lunaire. La Chine aura son mot à dire sur les standards techniques, les modèles de données et autres pour les activités lunaires. » En résumé, les autres pays voulant se lancer dans des projets de communication ou d’exploitation des ressources sur la Lune devraient passer par la nation qui domine le secteur, à savoir la Chine.
Pendant ce temps, Donald Trump parle déjà de lâcher la Lune pour se concentrer sur Mars. Un aveu d’échec ?

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